À PROPOS DE CYRIL
Cyril Perregaux voulait être photographe de guerre. Partir, témoigner, saisir l'insupportable pour que le monde le regarde en face. Comme ses parents ne soutiennent pas ce projet, il range ce rêve sans l'oublier.
L'adolescence, il la passe sur les skis. La compétition au niveau international laisse des traces dans sa façon d’être, notamment celle de la persévérance.
Puis il choisit de devenir technicien-dentiste. Un métier de précision du geste, d’exigence du détail à l'échelle du millimètre. Il obtient une maîtrise fédérale et sera à la tête de son propre laboratoire à Genève, pendant 25 ans. Depuis 2008, il enseigne également à l'École du domaine dentaire et forme des apprentis dans son labo. Un parcours construit bloc par bloc, sur un socle commun, celui de la relation humaine et de l’engagement fort au quotidien.
Reste quelque part quelque chose d'inachevé. En 2012, son attention se porte sur ce qui lui manquait depuis longtemps.Festi'neuch lui ouvre ses portes et Cyril entre dans la fosse avec une seule mission : partager son regard. Cette expérience réussie l’attire vers des centaines de concerts dans les salles alternatives de Genève (l'Usine entre autres). Son œil s'aiguise à capturer la fraction de seconde où un musicien s'abandonne.
Depuis plus de dix ans, il est le photographe officiel du Palp Festival. Ensemble, ils ont construit une vision partagée : pas juste des images, une signature. C'est cette vision que d'autres ont remarquée.
Le bouche-à-oreille l’a amené à exercer sa créativité dans des univers très différents : études d'avocats, banque, festival universitaire, bureau d’architectes, bijouterie, manufacture de cadrans de montres de luxe, cuisiniste et marques de mobilier haut de gamme, labels de musique, Swiss Wine Valais, domaines viticoles. Des clients qui ont en commun l'exigence et la certitude qu'une image forte change tout. Il réalise également des portraits studio, où il apprécie mettre les gens à l'aise pour les révéler, parfois les surprendre eux-mêmes.
En 2024, il réorganise sa vie. Il abandonne le laboratoire pour se consacrer à ses deux passions : la photographie et l’enseignement. Il admet volontiers qu’avoir été son propre patron pendant un quart de siècle n'a pas été un détour. Il y a affiné sa capacité à écouter un client, tenir une promesse, s'adapter sans se perdre. Des compétences qui font que les mandats se s’étoffent dans le temps, se renouvellent avec un plaisir partagé.
Le gamin qui voulait partir en zone de guerre n'a pas disparu. Il a appris à trouver l'intensité dans tous les univers qu’il embrasse de son objectif. Chacune de ses images cherchent à transmettre la beauté et le mouvement de la vie.